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Paroles de la chanson Le Jardin Extraordinaire par Charles Trenet

Auteur :
Charles Trenet
Compositeur :
Charles Trenet
Éditeur :
Emi Music Publishing France

Paroles de Charles TRENET
Musique de Charles TRENET
© EMI MUSIC PUBLISHING FRANCE

Paroles de la chanson Le Jardin Extraordinaire par

175 - Le jardin extraordinaire

REFRAINS

1. C'est un jar-din ex-tra-or-di-nai-re
Il y a des ca-nards qui par-lent an-glais
J'leur donn' du pain ils re-muent leur der-rière
En m'di-sant: "Thank you, ve-ry much Mon-sieur Tre-net"
On y voit aus-si des sta-tu-es
Qui se tienn'nt tran-quill's tout le jour dit-on
Mais moi je sais que dès la nuit ve-nu-e
Ell's s'en vont dan-ser sur le ga-zon
Pa-pa c'est un jar-din ex-tra-or-di-nai-re
Il y a des oi-seaux qui tienn'nt un buf-fet
Ils vend'nt du grain, des p'tits mor-ceaux d'gru-yère
Comm' cli-ents, ils ont Mon-sieur l'Maire et l'Sous-Pré-fet.
Il fal-lait bien trou-ver dans cett' grand' vill' maus-sa-de
Où les tou-rist's s'en-nuient au fond de leurs au-to-cars
Il fal-lait bien trou-ver un lieu pour la prom'-na-de
J'a-voue qu'ce sam'-di-là, j'suis en-tré par ha-sard

2. Dans, dans, dans ce jar-din ex-tra-or-di-naire
Loin des noirs buil-dings des pas-sag's clou-tés
Y a-vait un bal qu'don-naient des pri-me-vères
Dans un coin d'ver-dure, deux pe-tit's gre-nouill's chan-taient
Une chan-son pour sa-lu-er la Lu-ne
Dès qu'cell'-ci pa-rut tout' ros' d'é-mo-tion
Ell's en-ton-nèr'nt je crois la val-se bru-ne
Un' vieill' chouett' me dit: quell' dis-tinc-tion.
Ma-man dans ce jar-din ex-tra-or-di-nai-re
J'vis sou-dain pas-ser la plus bell' des filles
Ell' vint près d'moi et là m'dit sans ma-nièr's
Vous m'plai-sez beau-coup,
j'aim' les homm's dont les yeux brillent.
Il fal-lait bien trou-ver dans cett'grand' vill' per-ver-se
Un' gen-tille a-mou-rett' un pe-tit flirt de vingt ans
Qui me fasse ou-bli-er qu'l'a-mour est un com-mer-ce
Dans les bars d'la ci-té; oui, mais oui, mais pas dans

3. Dans, dans, dans mon jar-din ex-tra-or-di-nai-re
Un ang' du Bi-zarre, un
É-ten-dez-vous sur la ver-te bruy-ère
J'vous joue-rai du luth pen-dant qu'vous s'rez ré-u-nis".
Cet a-gent é-tait un grand po-è-te
Mais nous pré-fé-rions Ar-té-mise et moi
La dou-ceur d'un' cou-chet-te
Qu'ell' m'fit dé-cou-vrir au fond du bois
Pour ceux qui veul'nt sa-voir où c'jar-din se trou-ve
Il est, vous l'voy-ez, au c?ur d'ma chan-son
J'y vol' par-fois quand un cha-grin m'é-prouve
Il suf-fit pour ça d'un peu d'i-ma-gi-na-tion
Il suf-fit pour ça d'un peu d'i-ma-gi-na-tion.

Parlé

Bal de nuit, les oiseaux, les fleurs émerveillées
Artémise, ô Douceur, extase de l'Amour,
Je vous r'trouverai ce soir, à la veillée,
Belle et pareille au premier jour,
Et je vous aimerai, sous la clarté lunaire
Du jardin extraordinaire...

Il suf-fit pour ça d'un peu d'i-ma-gi-na-tion.

Que racontent les paroles de la chanson Le Jardin Extraordinaire de Charles Trenet ?

Le samedi d'un homme qui sait regarder

Il entre par hasard. Un samedi, dans une grande ville grise qui n'a rien de particulier à offrir, Charles Trenet pousse une grille et se retrouve ailleurs. Pas dans un autre pays, pas dans un autre siècle — juste de l'autre côté du monde ordinaire. C'est ainsi que commence « Le Jardin Extraordinaire », avec cette simplicité feinte qui est la marque des plus grands : un homme seul, une promenade, et soudain tout bascule.

Des canards qui remercient en anglais, des statues sages le jour qui s'échappent danser la nuit venue — Trenet ne cherche pas à convaincre. Il raconte avec la désinvolture de quelqu'un qui a toujours vécu dans cet entre-deux, entre le réel vu par tous et le réel augmenté qu'il perçoit, lui. La ville maussade reste dehors, avec ses touristes qui s'ennuient dans leurs autocars. Ici, les primevères donnent des bals, une vieille chouette commente les valses avec distinction, et deux grenouilles chantent pour accueillir la Lune « toute rose d'émotion ».

Artémise et la douceur d'un fond de bois

Puis arrive Artémise. Elle surgit dans le deuxième couplet comme surgissent les bonnes choses dans ce jardin-là : sans prévenir, naturellement. « Vous me plaisez beaucoup, j'aime les hommes dont les yeux brillent », dit-elle sans manières. Dans un monde où l'amour est devenu commerce, où la ville pervertit tout ce qu'elle touche, ce flirt de vingt ans a la saveur rare des choses simples. Elle lui fait découvrir « la douceur d'une couchette au fond du bois », et l'on sent que cette rencontre appartient elle aussi à la catégorie des miracles ordinaires que seul le regard du poète sait attraper au vol.

Un jardin qu'on emporte partout

La confession finale est celle qui touche le plus. Quand Trenet parle en « parlé » à Artémise, lui promettant de la retrouver « sous la clarté lunaire du jardin extraordinaire », on comprend que ce lieu n'a jamais eu besoin d'exister sur une carte. Il y vole parfois, dit-il, « quand un chagrin m'éprouve ». Il suffit pour ça — et la formule revient, douce et têtue — d'un peu d'imagination. C'est peut-être la plus belle leçon de résistance que Trenet ait jamais chantée : face à la grisaille, ne rien opposer de violent, juste fermer les yeux et rouvrir la grille.

Paroles.net dispose d'un accord de licence de paroles de chansons avec la Société des Editeurs et Auteurs de Musique (SEAM)

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