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Paroles de la chanson Note 18 : Langue de Molière par Klem Schen

Paroles de la chanson Note 18 : Langue de Molière par

J'bois le flash, le poto fume la beuh
J'essaie d'voir la vie en rose, mais j'suis déjà bleu
Grandi dans les orties, on fait avec
J'ai jamais été heureux, même avec les chèques
Même avec les shneks
En ce moment, j'écoute Souffrance et ça m'fait beaucoup de bien
On donne à la famille, les frères, les sœurs
Et si tu veux nous soulever, vas-y, viens
Personne comprend ma vision
J'vois tout en rouge
Ça m'prend pour un fou bizarre, t'sais pas c'que j'ai vécu
J'ai vu mon père manquer d'oxygène, mais se battre pour ses fistons
Donc j'bois de l'alcool, du pilon, j'vois le ciel, j'ai le frisson
Ah ouais, j'me bats, j'ai que des projets qui peuvent tout niquer
Anna, c'est trop mon sang et elle va tout leaker
Heureusement qu'la life m'a ramené des gens solides
J'avais personne à la base, à la base
Y avait personne à la base, hein, hein, hein
Y avait personne à la base
J'étais à la barre et au bar
Wesh, j'traînais sous l'flash à la gare
J'ai un cerveau qu'personne pourrait raisonner
J'pleure, j'pleure pendant qu'ils m'rient au nez
J'connais mon passé et il m'fait mal
Des frères dans l'habitacle
Si quelqu'un essaie d'les chercher, j'les tacle
Un peu compliqué, mais j'fais avec
T'sais pas combien j'ai mis d'k dans la veste, hein
Y a qu'la famille, les frères, le reste
J'essaie d'donner du bien aux gens, c'est ça ma quête, hein
J'ai encore posée sur maquette, là
Le projet Logic va exploser
J'préfère écrire des textes que causer
J'ai tellement donné l'cœur
J'ai tellement donné l'cœur, j'l'ai vu exploser
J'ai des frères pour m'épauler, hein, hein
J'ai des frères pour calmer l'dosage
J'en ai tellement vu dans la vie
J'bois d'l'alcool, le frérot fume cannabis
J'ai pas peur d'sortir la carabine
Et merci à mes frères, grâce à eux, j'm'affirme
Dix-neuf heures, cinq litres dans l'sang
Ma sœur s'appelle Claire, pourtant j'suis bre-som
C'est d'la thérapie, mais moi, j'écoute mes propres sons
J'suis sous bob, pourtant l'alcool, je l'éponge

J'ai tellement donné dans ma life, j'essaie d'éviter
J'veux d'la Polia, un Red Bull, un briquet
Elle veut d'l'amour, ma belle, elle est piquée
J'remplis le flash parce que l'cœur est vidé
On va faire l'tour d'la Terre
Sans un frère, j'peux pas tout refaire
J'essaie d'sortir du trou, mais j'sais pas comment faire
J'ai tellement bu d'alcool, j'en ai mal aux molaires
J'écris une vie d'taré, moi, j'ai pas la langue de Molière

J'ai tellement donné dans ma life, j'essaie d'éviter
J'veux d'la Polia, un Red Bull, un briquet
Elle veut d'l'amour, ma belle, elle est piquée
J'remplis le flash parce que l'cœur est vidé
On va faire l'tour d'la Terre
Sans un frère, j'peux pas tout refaire
J'essaie d'sortir du trou, mais j'sais pas comment faire
J'ai tellement bu d'alcool, j'en ai mal aux molaires
J'écris une vie d'taré, moi, j'ai pas la langue de Molière, hein, hein

Que racontent les paroles de la chanson Note 18 : Langue de Molière de Klem Schen ?

Le flash comme carnet de bord

Il y a quelque chose d'immédiat dans ce morceau, presque brutal. Pas de mise en scène, pas d'intro qui ménage ses effets. Klem Schen arrive avec ses mots comme on arrive dans une pièce après avoir trop bu : sans filtre, sans protocole. "J'bois le flash, le poto fume la beuh" — et on est déjà dedans, dans cette nuit-là, dans ce quotidien-là, avec cette odeur de bière et de cannabis qui colle aux murs d'un appartement quelque part.

Ce que raconte la chanson, c'est une vie qui fait mal mais qu'on porte quand même. Une vie où le bonheur n'est pas venu avec l'argent, où l'enfance s'est faite "dans les orties", où le père a manqué d'oxygène mais s'est battu pour ses fils — et cette image du père qui lutte pour respirer reste dans la gorge longtemps après l'écoute. C'est pour ça qu'il boit, peut-être. Ou pas pour ça. Lui-même ne semble pas vouloir trancher.

Quand les mots remplacent tout le reste

Le refrain revient comme une respiration épuisée. "J'essaie d'sortir du trou, mais j'sais pas comment faire" — pas de solution, pas de moral à la fin, juste l'honnêteté d'un type qui tourne en rond et qui le dit. Et puis cette image des molaires abîmées par l'alcool, presque comique si elle n'était pas si triste, si concrète dans sa douleur ordinaire.

Klem Schen ne se présente pas comme un grand auteur. Il se présente comme quelqu'un qui écrit parce qu'il ne sait pas faire autrement. "J'préfère écrire des textes que causer" — la parole vive l'effraie ou l'échappe, alors il couche tout sur maquette, il pose sur Logic, il laisse les sons faire ce que les conversations ne font pas. Cette "Note 18" ressemble moins à un titre de chanson qu'à une page arrachée d'un journal intime mis en musique.

Sans les frères, rien

Ce qui tient le tout ensemble, c'est cette fraternité répétée comme une prière. "Heureusement qu'la life m'a ramené des gens solides" — parce qu'au départ, il n'y avait personne. Cette solitude originelle, il la dit trois fois d'affilée, comme pour s'assurer qu'on l'entend vraiment. Et la dernière ligne claque comme une signature : pas la langue de Molière, non — mais une langue bien à lui, faite de verre, de larmes et de loyauté.

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