Aller au contenu principal

Paroles de la chanson Cursiva la Letra (traduction) par

Donne-moi une raison de ne pas saigner
Je n'entends que des cris quand je parle
Si les lamentations sonnent familières
Le silence est un idéal
Donne-moi une minute et arrête de saigner
Pour toujours la destination finale
Ce cercueil, je dois le porter
Et rien de tout ça n'est une coïncidence
Rien de tout ça n'est une coïncidence

Me voilà
Comment ça va ?, c'est moi
Même si des jours passent sans te voir
Ils semblent durer une éternité

Et si quelqu'un d'autre est venu à t'aimer
Que ce soit comme une mer
Qui me noie, m'emporte et me laisse au fil du courant
Au fil du courant

Je crois que je suis trop jeune pour expirer
D'un cœur qui finit par faire une crise
Mais malgré tout, tout peut arriver
Si chaque pas est un saut mortel
Chaque pas est un saut mortel

Qu'est-ce que ça change ?
Il n'y a pas de bien sans mal
Je te vois dans mes fantasmes
Je te vois pendant la journée

Et c'est ma punition, amour
L'accomplir est un honneur
Et voir mon sang se répandre me cause de la joie
C'est ma punition, amour
Il n'y a personne autour
Mais me torturer est mieux sans compagnie

Tu es ma poésie
Tu es mon énergie
Et je ne trompe personne
Je t'aime encore

Et c'est ma punition, amour
Roman d'horreur
Dans lequel on me poignarde partout sur le corps, toute la journée
Et c'est ma punition, amour
L'accomplir est un honneur
Et je ne mérite ni gestes ni aucune courtoisie
Aucune courtoisie

Que racontent les paroles de la chanson Cursiva la Letra (traduction) de José Madero ?

Un homme qui saigne en italique

Il y a des chansons qui s'ouvrent comme une plaie. "Cursiva la Letra" commence par une supplique — "donne-moi une raison de ne pas saigner" — et ne referme jamais vraiment la blessure. José Madero, avec cette économie de mots qu'il a toujours su manier, construit en quelques couplets l'un de ses portraits les plus intimes et les plus douloureux.

On entre dans la chanson comme on entre dans une chambre trop silencieuse. Le narrateur parle, mais n'entend que des cris. Il porte un cercueil — le sien, probablement — et insiste : "nada de esto es casualidad" ("rien de tout cela n'est un hasard"). Tout est voulu, tout est subi en conscience. Ce n'est pas la dépression muette de quelqu'un qui ne comprend pas ce qui lui arrive. C'est pire : c'est quelqu'un qui voit très clairement, qui sait que "cada paso es un salto mortal" ("chaque pas est un saut mortel"), et qui continue quand même.

Le châtiment consenti

La chanson bascule quand apparaît l'autre, celle dont on ne saura jamais le nom. Elle est partout — dans les fantasmes, dans la lumière du jour — et son absence est décrite non pas comme une peine à surmonter mais comme un châtiment à honorer. "Ese es mi castigo, amor / cumplirlo es un honor" : ce châtiment, c'est un amour. L'honorer, c'est continuer à se faire du mal. Madero touche ici quelque chose de très précis sur la façon dont certains deuils amoureux fonctionnent : on s'accroche à la souffrance parce que renoncer à elle, ce serait renoncer à l'amour lui-même.

Et puis, fugacement, la tendresse revient. "Tú eres mi poesía" — tu es ma poésie. Trois mots qui changent tout, qui rappellent que derrière la violence des images, il y a un homme qui aime encore, sincèrement, sans chercher à s'en défaire. C'est peut-être là le sens de ce titre énigmatique : l'écriture en italique, c'est celle qui penche, qui s'incline sous le poids de quelque chose. Ces paroles-là penchent sous le poids d'un amour qui ne passe pas.

Paroles.net dispose d'un accord de licence de paroles de chansons avec la Société des Editeurs et Auteurs de Musique (SEAM)

Sélection du moment