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Paroles de la chanson Take Me Home Coutry Roads par

Almost Heaven, West Virginia
Blue Ridge Mountains, Shenandoah River
Life is old there, older than the trees
Younger than the mountains, growing like a breeze

Country roads, take me home
To the place I belong
West Virginia, mountain mama
Take me home, country roads

All my memories gather 'round her
Miner's lady, stranger to blue water
Dark and dusty, painted on the sky
Misty taste of moonshine, teardrop in my eye

Country roads, take me home
To the place I belong
West Virginia, mountain mama
Take me home, country roads

I hear her voice in the morning hour, she calls me
The radio reminds me of my home far away
Driving down the road, I get a feeling
That I should have been home yesterday, yesterday

Country roads, take me home
To the place I belong
West Virginia, mountain mama
Take me home, country roads
Country roads, take me home
To the place I belong
West Virginia, mountain mama
Take me home, country roads

Take me home, (Down) country roads
Take me home, (Down) country roads

Que racontent les paroles de la chanson Take Me Home Coutry Roads de John Denver ?

La route qui n'en finit pas de rentrer

Il y a des chansons qu'on croit connaître parce qu'on les a entendues partout — dans des films, des stades, des pubs irlandais à trois heures du matin. « Take Me Home, Country Roads » est de celles-là. Et puis un jour on écoute vraiment, et on réalise que derrière l'air guillertet la mélodie immédiate, il y a quelque chose de bien plus trouble : le portrait d'un homme qui n'est plus chez lui nulle part.

Quand le paysage devient un fantôme

John Denver ouvre sur une vision presque irréelle de la Virginie-Occidentale. « Almost Heaven » — presque le paradis — ce « almost » dit tout. Ce n'est pas le paradis, mais c'est ce qui s'en approche le plus. Les montagnes, la rivière, la lumière : tout est décrit avec la précision douce de quelqu'un qui se souvient, pas de quelqu'un qui regarde. Les détails s'accumulent — la « miner's lady », la femme du mineur étrangère à la mer, la saveur brumeuse de l'alcool illicite — et forment ensemble le visage d'une Amérique rurale et fière, celle qu'on ne montre pas dans les magazines.

L'appel du retour

Au troisième couplet, le masque tombe un peu. On n'est plus dans l'évocation poétique : on est dans une voiture, sur une route, loin. La radio diffuse quelque chose qui rappelle la maison. Et cette phrase arrive, simple et dévastratrice : « I should have been home yesterday. » Hier. Toujours hier. Le retour est perpétuellement en retard sur lui-même. C'est ça, la vraie douleur de la chanson — pas une tristesse spectaculaire, mais ce sentiment sourd d'avoir raté quelque chose qu'on ne sait même pas nommer précisément.

Le refrain comme prière

Répété jusqu'à devenir une litanie, le refrain cesse d'être un simple chorus pour ressembler à une supplique. « Take me home » — ramène-moi. On ne rentre pas, on demande à être ramené, comme si la volonté seule ne suffisait plus. Denver a écrit une chanson sur un État qu'il n'habitait pas vraiment, et c'est peut-être pour ça qu'elle sonne si juste : la nostalgie la plus sincère est souvent celle d'un endroit qu'on n'a jamais tout à fait possédé.

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