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Paroles de la chanson Garota De Ipanema (traduction) par Joao Gilberto

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Paroles de la chanson Garota De Ipanema (traduction) par

[Intro]
Regarde quelle chose plus belle
Plus pleine de grâce
C'est elle, la jeune fille
Qui vient, qui passe
Dans un doux balancement
Sur le chemin de la mer

La fille au corps doré
Du soleil d'Ipanema
Son balancement
Est plus qu'un poème
C'est la chose la plus belle
Que j'aie jamais vue passer

Ah, pourquoi suis-je si seul
Ah, pourquoi tout est si triste
Ah, la beauté qui existe
La beauté qui n'est pas que mienne
Qui passe aussi seule

Ah, si elle savait
Que quand elle passe
Le monde en souriant
Se remplit de grâce
Et devient plus beau
À cause de l'amour

Grande et bronzée
Jeune et belle
La fille d'Ipanema
S'en va en marchant
Et quand elle passe
Chacun qu'elle croise
Fait ahhh

Quand elle marche
Elle est comme une samba
Qui swingue si cool
Et se balance si doucement
Que quand elle passe
Chacun qu'elle croise
Fait ahhh

Oh, mais il la regarde si tristement
Comment pourrait-il lui dire qu'il l'aime
Oui, il donnerait son cœur volontiers
Mais chaque jour quand elle marche vers la mer
Elle regarde droit devant, pas vers lui

Grande et bronzée
Jeune et belle
La fille d'Ipanema
S'en va en marchant
Et quand elle passe
Il sourit mais elle ne le voit pas
Elle ne le voit tout simplement pas

Que racontent les paroles de la chanson Garota De Ipanema (traduction) de Joao Gilberto ?

Elle passe. Elle ne regarde pas.

C'est l'heure dorée d'Ipanema, quelque part dans les années soixante, et une jeune femme longe la plage en direction de la mer. Son pas est une samba, son corps capte la lumière du soleil brésilien, et sur son passage, les gens s'arrêtent — ou du moins, quelqu'un s'arrête. Un homme, un regard, une chanson qui naît de ce moment suspendu.

« Garota de Ipanema » commence comme une carte postale enchanteresse. La langue portugaise, sous la plume de Vinicius de Moraes et portée par la voix feutrée de João Gilberto, se fait presque liquide — les mots coulent comme le balancement de la jeune femme, ce « doce balanço » (ce doux balancement) qui va vers la mer. On est dans la pure sensation, l'éblouissement du premier instant. Le texte accumule les superlatifs avec une sincérité désarmante : « a coisa mais linda que eu já vi passar » — la plus belle chose qu'il ait jamais vue passer. Pas une femme avec un prénom, une histoire, une vie. Une apparition.

Quand la mélancolie s'invite sous le soleil

Mais la bossa nova ne serait pas la bossa nova sans cette tristesse tapie sous la légèreté. Et soudain, la chanson lâche son masque : « Ah, porque estou tão sozinho » — pourquoi suis-je si seul ? Le soleil est toujours là, la plage aussi, mais le narrateur prend conscience que cette beauté qui illumine le monde ne lui appartient pas, ne le voit même pas. Elle est de tout le monde et de personne. Elle passe.

La version anglaise, intégrée dans le morceau avec une fluidité naturelle, raconte la même histoire depuis un angle plus précis. « She looks straight ahead not at he » — six mots qui disent tout. Il la regarde, il sourit, elle ne voit pas. Ce n'est pas du rejet, c'est pire : c'est l'indifférence totale de la beauté envers ceux qu'elle éblouit.

Un sourire qui n'atteint personne

Ce qui rend « Garota de Ipanema » inoubliable, c'est que João Gilberto chante cela avec une douceur qui refuse le drame. Pas de cri, pas de plainte — juste ce constat posé dans la chaleur de l'après-midi. La fille continuera à passer chaque jour, le monde continuera à sourire sur son passage, et lui continuera à regarder. La chanson ne cherche pas de résolution. Elle préfère durer, suspendue dans cet instant entre l'émerveillement et la solitude, comme une vague qui n'arrive jamais tout à fait à se briser.

Paroles.net dispose d'un accord de licence de paroles de chansons avec la Société des Editeurs et Auteurs de Musique (SEAM)

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