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Paroles de la chanson Mais Je T'aime par Grand Corps Malade

featuring : Camille Lellouche

Album : Mesdames

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Paroles de Fabien MARSAUD, Camille LELLOUCHE
Musique de Camille LELLOUCHE
© ANOUCHE PRODUCTIONS, MADYV EDITIONS - 2020

Paroles de la chanson Mais Je T'aime par

[Camille Lellouche]
Ne me raconte pas d'histoires
Tu sais bien, ce qui ne tourne pas rond
Chez moi, ne m'en demande pas trop
Tu sais bien, que les fêlures sont profondes
En moi, ne t'accroche pas si fort
Si tu doutes, ne t'accroche pas si fort
Si ça te coûte, ne me laisse pas te quitter
Alors que je suis sûre de moi
Je te donne tout ce que j'ai alors essaie de voir en moi que

[Camille Lellouche]
Je t'aime
Mais je t'aime
Je t'aime, je t'aime, je t'aime, je t'aime
Je t'aime, du plus fort que je peux
Je t'aime, et je fais de mon mieux

[Grand Corps Malade]
On m'avait dit : "Attends tu vas voir, l'amour c'est un grand feu. Ça crépite, ça illumine, ça brille, ça réchauffe, ça pique les yeux. Ça envoie des centaines de lucioles tout là-haut, au firmament. Ça s'allume d'un coup et ça éclaire le monde et la vie différemment"
Nous on a craqué l'allumette pour l'étincelle de nos débuts
On a alimenté c'foyer de tous nos excès, de nos abus
On s'est aimé plus que tout, seul au monde dans notre bulle
Ces flammes nous ont rendus fous, on a oublié qu'au final, le feu ça brûle

[Camille Lellouche & Grand Corps Malade]
Mais je t'aime, je t'aime, je t'aime, je t'aime
Mais je t'aime, je t'aime
Je t'aime, du plus fort que je peux
Je t'aime, et je fais de mon mieux

[Grand Corps Malade]
Je m'approche tout près de notre feu et je transpire d'amertume
Je vois danser ces flammes jaunes et bleues, et la passion qui se consume
Pourquoi lorsque l'amour est fort il nous rend vulnérables et fragiles ?
Je pense à nous et je vacille, pourquoi depuis rien n'est facile
Je t'aime en feu, je t'aime en or
Je t'aime soucieux, je t'aime trop fort
Je t'aime pour deux, je t'aime à tort
C'est périlleux, je t'aime encore
Alors c'est vrai ça me perfore
Je t'aime pesant, je t'aime bancale
Évidemment ça me dévore
Je sais tellement que je t'aime, mal

[Camille Lellouche]
Si j'avance, avec toi
C'est que je me vois faire cette danse, dans tes bras
Des attentes, j'en ai pas
Tu me donnes tant d'amour, tant de force
Que je n'peux plus, me passer d'toi
Si mes mots te blessent, c'est pas d'ta faute
Mes blessures sont d'hier
Il y a des jours plus durs que d'autres
Si mes mots te pèsent
J'y suis pour rien
J'y suis pour rien, rien

[Camille Lellouche & Grand Corps Malade]
Mais je t'aime, je t'aime, je t'aime, je t'aime
Je t'aime, je t'aime
Je t'aime, du plus fort que je peux
Je t'aime, et je fais de mon mieux/Tu m'aimes, et tu fais de ton mieux

Mais, je t'aime

Que racontent les paroles de la chanson Mais Je T'aime de Grand Corps Malade ?

Quand l'amour brûle plus qu'il ne réchauffe

Il y a quelque chose d'immédiatement intime dans les premières secondes de ce titre. Camille Lellouche ouvre la chanson comme on ouvre une conversation longtemps différée — "ne me raconte pas d'histoires" — avec la franchise un peu rude de quelqu'un qui a appris à nommer ce qu'elle ressent, même quand c'est inconfortable. Elle ne demande pas à être sauvée. Elle demande juste à être vue, avec ses failles, ses "fêlures profondes", sans que l'autre s'accroche trop fort si ça lui coûte trop.

Une flamme qui raconte toute l'histoire

Puis Grand Corps Malade prend la parole, et avec lui arrive la grande métaphore du feu. On lui avait dit que l'amour serait lumineux, chaleureux, qu'il enverrait "des centaines de lucioles tout là-haut, au firmament". Et ça a commencé comme ça, effectivement — l'étincelle, le foyer alimenté "de tous nos excès, de nos abus", la bulle hermétique où deux personnes s'oublient du monde. Sauf que la chaleur est devenue brûlure. Le feu, lui, ne distingue pas ce qu'il consume. C'est beau et c'est terrible à la fois, et c'est exactement ce que la chanson fait ressentir.

Aimer fort, aimer mal

Ce qui est saisissant dans le deuxième couplet de Grand Corps Malade, c'est la façon dont les déclarations d'amour s'accumulent jusqu'à peser : "je t'aime soucieux, je t'aime trop fort, je t'aime pour deux, je t'aime à tort". Chaque "je t'aime" ajoute une couche, jusqu'à cette formule finale qui dit tout — "je sais tellement que je t'aime, mal". Pas mal comme insuffisamment. Mal comme douloureusement, de travers, avec des angles qui blessent.

Camille Lellouche revient alors avec une douceur inattendue. Elle parle de la danse dans les bras de l'autre, de l'amour reçu comme une force. Ses mots qui blessent parfois ? "J'y suis pour rien" — parce que les blessures viennent d'avant, d'ailleurs, d'une histoire antérieure à celle-ci.

Et quand les deux voix se retrouvent sur le refrain final, ce "mais je t'aime" répété comme une évidence têtue dit exactement ce que la chanson voulait dire depuis le début : l'amour ne guérit pas tout, ne simplifie rien, et pourtant il reste là, entier, obstiné.

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