Paroles de la chanson Les dangers de la publicité par Fernandel

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Paroles de la chanson Les dangers de la publicité par Fernandel

- Alors, Barbizin, on ne reconnaît plus les amis ? Oh, mais dis, tu as bien la mine allongée aujourd'hui. Eh bé, toi si gai d'habitude.
- Ah, ne m'en parle pas, vé. Tu as devant toi un homme désillusionné. Oui, je suis victime de la publicité.
- Pas possible !
- Tu sais que j'étais amoureux de la belle Suzanne Aubain là, la vedette des folies champêtres, une femme qui a une ligne, une poitrine, une bouche, un... enfin, tout quoi !
- Ouais ouais ouais, je comprends. Tout ce qu'il faut pour rendre un homme heureux.
- J'étais fier de penser que cette grande vedette avait consenti à me "distinger" dans la masse de ses admirateurs.

- Ouais, ouais, je sais. Tu avais même rendez-vous avec elle hier pour dîner.
- Justement, voilà le malheur.
- Hé, tu appelles ça un malheur, toi, un tête à tête avec une si agréable personne.
- Mais tu vas comprendre. Hier, en empruntant le boulevard, j'achète un journal, je l'ouvre et voilà que l'aperçois à la troisième page la photo de mon adorée. Sous le cliché s'étalait l'attestation suivante "Grâce au pilvore Toupoilu, je détruis à merveille les poils superflus qui ornent mes lèvres et recouvrent mes jambes, mes bras et suis enchantée. Je m'en sers constamment. Suzanne Aubain"
- Il faudra que j'en parle à ma femme.
- Je passe devant un pharmacien et je vois dans la vitrine le portrait de mon idole. Sous ce dernier, quelques lignes de sa belle écriture "J'avais comme le mérinos l'haleine forte. Il n'est rien de tel que les comprimés du docteur Tuemouche pour débarrasser l'intestin de ses toxines et purifier l'haleine. Je ne peux plus m'en passer."

- Oh mais dis, ça, ça fera bien pour l'oncle Eusèbe !
- Et c'est pas fini ! Après, je monte dans le tramway. Sur la paroi du véhicule, j'aperçois de petites affiches. Je m'approche et je vois l'effigie de ma belle soulignée par ces déclarations "Les pilules Cédufer rendent aux seins fatigués leur galbe primitif, elles ramènent les égarés et soutiennent les découragés. Depuis que je m'en sers, je ne me reconnais plus"
- Ah, ah, je comprends... la poitrine ! Je le dirai à ma belle-mère.
- Non mais, écoute la suite. Je descends du tramway et je me trouve nez à nez avec un homme-sandwich. Il transportait la réclame d'un pédicure. En bonne place, la silhouette de ma conquête levant haut la jambe et laissait voir son pied mignon. Au dessous, en grosses lettres, j'ai cru lire ceci "Après une longue marche, je voyais avec peine mes amis s'écarter de moi. Aujourd'hui, mes admirateurs me baisent les pieds et cela grâce à la poudre du professeur japonais Okipu" Et toujours sa signature.

- Eh ben pour ça j'en causerai à mon cousin le gendarme.
Mais le comble c'est qu'en me retournant je tombe en arrêt devant une affiche où Suzanne, grandeur nature, proclamait dignement "Les suppositoires Letrouduc mettent en fuite les hémorroïdes et l'eczéma. J'en consomme deux par jour."
- Hé bé, bon appétit, tu sais. Moi, quand j'en prendrai, un me suffira. Ah ah ah !
- Ah, va, tu peux rire ! Moi, ça m'a coupé le sifflet. Non mais, tu te représentes, dis : les seins raffermis, les poils rasés, l'haleine purifiée, les pieds désinfectés, les hémorroïdes et l'eczéma et le machin du truc et tout ce qui s'ensuit... Eh ben, ça m'a suffi, moi. Je me refuse à aller voir le bien-fondé de ces attestations.
- Comment ? Tu n'es pas allé à ton rendez-vous ?

- Mais non que j'y suis pas allé, tu penses ! Je suis allé dans les champs. J'ai séduit une gardienne de vaches.
- Tu as fait ça ?
- Oui, mon vieux
- Ah ah !
- Elle sentait bien un peu le crottin mais là au moins, mon vieux, c'était nature !
- Hé hé, qu'est-ce que tu veux

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