Aller au contenu principal

Paroles de la chanson Mario par Bernard Lavilliers

Album : Rite cruel

Voir les prochains concerts de Bernard Lavilliers

Réserver

Paroles de la chanson Mario par

Il me regarde et ses yeux brillent
J'ai ma guitare entre les bras
Je joue des notes qui scintillent
Voilà

C'est un après-midi de plomb
On sortira dans quelques heures
Quand le soleil à l'horizon
Aura cette étrange couleur

Même les pensées les plus secrètes
Je suis sûr que tu les comprends
Même les failles indiscrètes
Tu les sens

Il est féroce quand il perd
Et ne rapporte jamais rien
Il fait la gueule, il est trop fier
Il revient

Pour aller dans l'ancienne enfance
Pas de laisse et pas de collier
Pas de mal et pas d'innocence
Pas encore de chaîne à briser

Nos courses folles sur les plages
Abandonnées pour nous l'hiver
Et ce sourire incomparable
Ce grand mystère

Nous rentrions, fourbus, trempés
On dégageait la même odeur
Fameuse odeur de chien mouillé
Avec la chaleur

Il a un succès fou partout
Il reste fidèle et s'en fout
Il ne dort que d'un œil, alors
Il est déjà là quand on sort

Regard brûlant comme la braise
Pose sa truffe sur ma main
Deux ou trois notes qui apaisent
On sortira demain

Il me regarde et ses yeux brillent
J'ai ma guitare entre les bras
Je joue des notes qui scintillent
Et te voilà

Que racontent les paroles de la chanson Mario de Bernard Lavilliers ?

La truffe posée sur la main

Il y a des après-midis de plomb, ces heures où le temps semble suspendu, où l'on attend que le soleil prenne cette couleur étrange pour enfin sortir. C'est dans cet espace-là, dans cette attente douce, que Bernard Lavilliers nous emmène avec "Mario". Une guitare entre les bras, un regard qui brille en face de lui — et toute une chanson qui va naître de ce silence partagé.

On ne sait pas tout de suite. Les premiers couplets installent une présence mystérieuse, quelqu'un qui comprend les pensées secrètes, qui sent les failles sans qu'on les nomme. Quelqu'un de fier, de têtu, qui "fait la gueule" quand ça ne va pas mais revient toujours. Et puis le voile se lève doucement, par la "truffe" posée sur la main, par "l'odeur de chien mouillé" partagée après les courses sur la plage — Mario est un chien. Mais à ce stade du récit, la révélation ne fait que confirmer ce qu'on ressentait déjà : cette relation-là est profonde, réelle, irréductible à une simple anecdote domestique.

Courses folles et notes qui apaisent

Lavilliers raconte une amitié dans ce qu'elle a de physique et d'absolu. Les plages désertes en hiver, les deux corps fourbus qui rentrent en dégageant la même odeur, le sourire incomparable d'un animal qui vous attend — tout cela forme un tableau d'une intimité rare. "Il a un succès fou partout / il reste fidèle et s'en fout" : la loyauté de Mario n'est pas calculée, elle ne cherche pas à impressionner. Elle est là, simplement, comme une évidence.

Ce qui rend la chanson si touchante, c'est peut-être cette image finale — la guitare qui revient, les notes qui scintillent, et "et te voilà". Un seul mot de différence avec l'ouverture, mais il change tout. La chanson n'est plus une description : elle devient une invocation. Lavilliers joue, et Mario apparaît. Entre un homme, son chien et sa musique, il n'en faut pas davantage pour tenir le monde à distance.

Paroles.net dispose d'un accord de licence de paroles de chansons avec la Société des Editeurs et Auteurs de Musique (SEAM)

Sélection du moment

Les plus grands succès de Bernard Lavilliers