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Paroles de la chanson Dans Les Yeux D'Emilie par Joe Dassin

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Auteur :
Pierre Delanoe, Claude Lemesle
Compositeur :
Vivien Vallay, Yvon Ouazana
Éditeur :
Budde Music France, Music 18

Paroles de Pierre DELANOE, Claude LEMESLE
Musique de Yvon OUAZANA, Vivien VALLAY
© BUDDE MUSIC FRANCE, MUSIC 18 - 1977

Paroles de la chanson Dans Les Yeux D'Emilie par

Dans son quartier du vieux Québec
Les rues ont l'air d'avoir l'accent
Et l'an deux mille voisine avec
Les maisons grises du vieux temps
Mais l'hiver vient d'éclater
Le Saint-Laurent est prisonnier
D'un décembre qui va bien durer six mois
Quand les jours ressemblent aux nuits
Sans éclaircie à espérer
Qui peut croire que l'été nous reviendra

Moi, j'avais le soleil jour et nuit
Dans les yeux d'Emilie
Je réchauffais ma vie
À son sourire
Moi, j'avais le soleil nuit et jour
Dans les yeux de l'amour
Et la mélancolie
Au soleil d'Emilie
Devenait joie de vivre

Dans son quartier du vieux Québec
Quand les toits redeviennent verts
Quand les enfants ont les pieds secs
On tourne le dos à l'hiver
C'est la fête du printemps
Le grand retour du Saint-Laurent
On dirait que les gens sortent de la terre
Mais Emilie n'est plus à moi
J'ai froid pour la première fois
Je n'ai plus ni sa chaleur, ni sa lumière

Moi, j'avais le soleil jour et nuit
Dans les yeux d'Emilie
Je réchauffais ma vie
À son sourire
Moi, j'avais le soleil nuit et jour
Dans les yeux de l'amour
Et la mélancolie
Au soleil d'Emilie
Devenait joie de vivre

En ce temps-là, j'avais le soleil jour et nuit
Dans les yeux d'Emilie
Je réchauffais ma vie
À son sourire
Moi, j'avais le soleil nuit et jour
Dans les yeux de l'amour
Et la mélancolie
Au soleil d'Emilie
Devenait joie de vivre

Que racontent les paroles de la chanson Dans Les Yeux D'Emilie de Joe Dassin ?

Un hiver qui dure longtemps quand on est seul

Imaginez les rues pavées du vieux Québec sous un ciel de décembre, les maisons grises qui gardent la mémoire des siècles, et le Saint-Laurent figé, "prisonnier" comme dit la chanson, d'un froid qui va s'étirer pendant des mois. C'est dans ce décor que Joe Dassin pose son histoire — pas pour parler de l'hiver, mais pour nous faire comprendre ce que ça fait d'aimer quelqu'un à ce point qu'on ne le voit plus vraiment.

Parce qu'Emilie, elle, était un soleil. Pas une métaphore facile, non — un vrai soleil intérieur, celui qui fait qu'on traverse les jours sombres sans même les remarquer. Quand le narrateur dit qu'il réchauffait sa vie à son sourire, on entend derrière cette image toute la dépendance douce d'un amour qui devient le centre de gravité d'une existence. La mélancolie existait, bien sûr, mais elle fondait au contact d'Emilie, transformée en quelque chose d'habitable.

Le printemps qui fait mal

Le deuxième couplet arrive comme une gifle discrète. Les toits redeviennent verts, les enfants retrouvent les rues, le fleuve se libère — le monde entier célèbre le retour de la lumière. Et lui, il gèle. "J'ai froid pour la première fois", chante-t-il, et dans ces quelques mots tient toute la cruauté du moment : jamais l'hiver ne l'avait vraiment atteint parce qu'Emilie était là. Maintenant que le printemps est là sans elle, il découvre rétrospectivement ce que c'est d'avoir froid.

Il y a quelque chose de très Dassin dans cette façon de ne pas hurler la douleur, de la glisser presque en passant, entre deux images lumineuses. La chanson finit sur le refrain répété, cette fois précédé d'un "en ce temps-là" qui dit tout — ce bonheur appartient désormais à un passé révolu, raconté depuis l'autre côté de la perte. Le soleil d'Emilie brille encore dans les mots, mais c'est le souvenir d'un soleil. Et ça, ça change tout.

Paroles.net dispose d'un accord de licence de paroles de chansons avec la Société des Editeurs et Auteurs de Musique (SEAM)

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